Le Caractère du Shih Tzu

On dit qu’il s’agit d’un chien. Mais faut-il le croire ? Quiconque a déjà côtoyé « l’honorable monsieur Shih Tzu » peut légitimement en douter. Car cet être tient à la fois du lion par son aspect du chat par son indépendance et du singe par ses facéties, parfois déconcertantes. Pour profiter pleinement de son Shih Tzu, il faut savoir rentrer dans son jeu, devenir son complice… sans être son esclave, le juste milieu devenant parfois difficile à trouver.

            Car il est irrésistible, ce bougre de Shih Tzu. A le voir, on pourrait l’imaginer prétentieux, orgueilleux, désagréable. Mais, dans l’intimité, il n’y a pas plus adorable, plus joueur, plus simple. Alors, évidemment, on se laisse volontiers désarmer, embarquer sur la pente glissante, pour se retrouver en bas, à la merci de son  chien. Un Shih Tzu, qu’il soit chien, lion, chat ou singe, vous fait capituler.

Heureusement, il n’en profite pas trop. Bien sûr, il trouve toujours le moyen de persuader les personnes avec qui il vit de satisfaire quelques-uns de ses petits caprices, mais on ne peut pas dire qu’il abuse de leur bonne volonté. S’il est bien nourri, bien peigné, bien promené et bien choyé, il n’en demandera pas plus. D’ailleurs, il donne tellement  en échange de ce qu’il reçoit !  Le Shih Tzu est un subtil mélange d’indépendance revendiquée et de présence chaleureuse, d’omniprésence, plutôt, car, quand on a besoin de lui, il est toujours là.

            Certes, il reste un chien asiatique avec les particularités de caractère que cela comporte, entre autre une certaine distance par rapport à ceux qui l’ont adopté. Ce n’est pas parce qu’il les adore qu’il doit être attaché à eux  chaque minutes du jour et de la nuit. Comme tous ses cousins chinois et tibétains, il aime au contraire jouir d une certaine liberté, physique mais  aussi psychique. Les amateurs de chiens hyper dociles et faciles à dresser seront surpris par la désinvolture avec laquelle le Shih Tzu ignore parfois (voir souvent !) les ordres de son maître et par son indifférence à l’égard des réprimandes. Cependant, il faut remarquer que cette attitude est due presque autant au caractère du propriétaire qu’à celui du chien. En effet, les amateurs de Shih Tzu l’aiment en général pour son tempérament indépendant et ne cherche jamais à en faire un modèle d’obéissance. Résultat, il n’en devient pas un. Mais s’il tombe sur un maître qui exige de lui un minimum d’attention, il se pliera à ses exigences, avec mauvaise grâce certes, mais non sans une certaine sagesse, il n’est pas oriental pour rien ! Cela pour dire qu’un ordre donné gentiment mais fermement est le plus souvent suivi d’effet. Et, si cela ne suffit pas, la meilleure semonce sera de le bouder. Ignorant tout lui-même de ce procédé, il le supporte généralement assez mal. En effet, si le Lhassa Apso et le Pékinois font volontiers la tête, cela n’est pas dans les habitudes du Shih Tzu, qui est plutôt bon enfant.

            Un dernier mot sur l’obéissance, puisque c’est un chapitre où le Shih Tzu n’a pas le meilleurs des réputations. Il existe deux solutions avec ce petit sage : soit on l’accepte tel qu’il est, depuis sa jeunesse jusqu’à sa mort ; soit on le préfère respectueux de certaines règles, auquel cas il est indispensable de les lui  expliquer dès son plus jeune âge. Tout chiot, il est assez malin pour comprendre ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Son maître devra toujours rester constant dans ses interdictions, sous peine d’être vite pris pour un plaisantin.